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Montrer la voie : chez Saft, les femmes leaders font tomber les barrières des genres

Les statistiques sont sans appel : les femmes font défaut dans les effectifs des STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) en Europe. Voici les témoignages de trois femmes tenant des postes à responsabilités au sein de Saft. Elles reviennent sur leur carrière dans le domaine scientifique et ouvrent des pistes pour encourager davantage de jeunes femmes à suivre leurs traces.

Après des études de génie civil et de gestion des activités industrielles, Mari Kadowaki occupa les postes de responsable de site et de programmes chez Electrolux. En 2007, elle révéla toute sa détermination lorsqu’elle se vit confier les rênes de l’usine d’Oskarshamn, en Suède, devenant ainsi la première femme directrice d’usine chez Saft.                                                       

Mais sa nomination faisait fi de la barrière des genres bien réelle dans l’entreprise… réalité qui la rattrapa lorsqu’elle accueillit un groupe d’anciens salariés à la retraite. Après la visite de l’usine et le déjeuner, un retraité ne put s’empêcher de lui confier autour d’un café : « Lorsque nous avons appris la nomination d’une femme à la tête de l’usine d’Oskarshamn, nous étions certains que cela signerait l’arrêt de mort de l’établissement. »

Heureusement, Mari, qui est également directrice générale de Saft Suède, n’a pas été victime de tels préjugés sur son lieu de travail. Au contraire, elle affirme qu’être une femme dans le monde du travail est une expérience positive : « Vous bénéficiez de l’attention de vos interlocuteurs et on vous témoigne toujours du respect. Je suis convaincue qu’être une femme dans ce milieu est un réel privilège. »

Restaurer l’équilibre entre les sexes

Toutefois, à l’instar d’autres femmes, Mari souhaiterait que leur présence à des postes techniques reflète moins un privilège qu’une pratique courante. Au sein des 28 pays de l’Union européenne, les femmes scientifiques et ingénieurs représentent 2,8 % de la population active totale, contre 4,1 % pour les hommes d’après le rapport She Figures 2015 de la Commission européenne1. En France (où Saft a son siège social et dispose de trois usines), le nombre total d’ingénieurs progresse (augmentation annuelle de 4 % en moyenne), de même que le pourcentage de femmes qui représentent 20,5 % de cette profession selon l’étude 2016 de l’Association française des Ingénieurs et Scientifiques (AFIS) 2.

Chez Saft, les femmes représentent 23 % des ingénieurs et des cadres supérieurs ; et 32 % des effectifs globaux. À l’usine de South Shields, au nord de l’Angleterre, on note une proportion égale hommes/femmes parmi les 120 salariés ; dans le passé, les femmes étaient même majoritaires. Tessa Collinson, directrice de l’usine et des achats du site de South Shields, affirme n’avoir jamais remarqué de problème de fossé entre les sexes, même si la majorité des cadres supérieurs de l’usine sont des hommes.

 

Je ne me considère pas comme une femme évoluant dans un monde technologique ; peu importe que vous soyez un homme ou une femme, ce qui compte à mes yeux, c’est vous en tant que personne. J’ai débuté ma carrière dans les ressources humaines, domaine considéré comme plus féminin. Or, mon objectif était avant tout de travailler pour une entreprise technologique car cet univers est pour moi une grande source d’inspiration.

Tessa Collinson Directrice de l’usine et des achats du site de South Shields

Faire entendre la voix des femmes

En revanche, lors de son arrivée voici cinq ans à l’usine de Saft à Poitiers, Catherine Lepiller, ingénieure de recherche, affirme avoir été confrontée à une culture particulièrement masculine, où il était parfois difficile pour les femmes de faire entendre leur voix. Mais la situation s’est améliorée et les femmes représentent aujourd’hui près d’un tiers des 45 personnes travaillant dans son service technique, y compris au sein du laboratoire de chimie.

Catherine est titulaire d’un doctorat en électrochimie. Elle a travaillé au CEA, ainsi que dans des start-up au Canada et aux Etats-Unis. Elle a déposé deux brevets, et a rédigé et contribué à la rédaction de nombreux articles scientifiques. Aujourd’hui, elle apporte son expertise à Saft dans ses fonctions de directrice technique de la gamme de batteries au lithium primaire. Elle est responsable du développement de nouveaux produits et assure l’accompagnement technique (qualité, production, fournisseurs et clients) des trois usines spécialisées dans cette gamme, en Chine, au Royaume-Uni et en France.

« Quand j’étais jeune, toutes les sciences me passionnaient » raconte-t-elle, « mais la chimie attirait plus de femmes que d’hommes car les femmes avaient tendance à vouloir devenir techniciennes de laboratoire. Les hommes se tournaient plutôt vers les mathématiques et la physique. »

« Je pense que la situation est meilleure aujourd’hui que pendant mes années d’étudiante. Si une jeune femme souhaite suivre des études scientifiques, cela ne pose désormais aucun problème. »

Encourager les filles... et les garçons

Les opportunités pour les filles d’étudier les sciences existent assurément, mais il semble qu’elles aient encore besoin d’être encouragées à suivre cette voie. Via Teknikföretagen, fédération suédoise des employeurs du secteur technologique, Saft a soutenu une campagne organisée par Therese Lindgren, star sur YouTube et développeuse hors-pair de logiciels, afin d'attirer davantage de filles vers les sciences. Le message qu’elle adresse peut se résumer ainsi : trop de jeunes pensent encore que le seul débouché possible d'études technologiques est un poste d’électricien, alors qu’elles ouvrent en réalité beaucoup plus de portes.

Enfin, même si les filles constituent la cible prioritaire, Mari Kadowaki, mère de deux adolescents, voit la nécessité d’attirer aussi bien les garçons que les filles vers les sciences.

 « Selon moi, les jeunes s’éloignent de plus en plus des activités techniques », explique-t-elle. « Tout est numérique. Ils sont forts en logiciel de simulation mais sont peu nombreux à consacrer du temps à réparer les choses eux-mêmes par exemple. Ils vivent dans un monde différent de celui de l’industrie. »

L’Europe dans son ensemble ne suit pas le rythme des besoins de compétences dans les domaines des STEM : telles sont les conclusions d’un rapport publié en 2016 par l’EU STEM Coalition. Cette association s’est donné une triple mission : susciter l’intérêt des enfants pour les mathématiques et les sciences à l’école, faire acquérir aux étudiants en sciences des compétences bien plus diverses et instaurer des partenariats entre le monde enseignant, les entreprises et les gouvernements 3

Mari est consciente de l’ampleur des changements nécessaires pour attirer de nouveaux talents, à commencer par rendre les lieux de travail industriels plus attrayants : « Je pense que les parties prenantes de notre secteur n’ont pas été très performantes à cet égard. Nous sommes confinés dans des bâtiments ennuyeux et laids. Après les femmes, ce sont aujourd’hui les hommes qu’ils rebutent. »

 

1. https://ec.europa.eu/Research/swafs/PDF/pub_gender_equality/she_figures_2015-final.pdf

2. http://Home.IESF.fr/offres/doc_inline_src/752/CP-enquEAte-2016-23-06-v10.pdf

3. www.csreurope.org/sites/default/files/uploads/eu%20STEM%20Coalition%20-%20Brochure%202016.pdf

Les entreprises scientifiques doivent réfléchir à la façon dont elles souhaitent s’inscrire dans l’avenir. Les jeunes n’auront que l’embarras du choix face à un grand nombre de sociétés et d’organismes, et le salaire et les primes seront loin d’être leurs seuls critères de sélection. Ils passeront en revue la culture de l’entreprise, les lieux de travail, le style de management, l’histoire, l’ambition... Tous ces paramètres compteront à l’avenir.

Mari Kadowaki Directrice de l’usine d’Oskarshamn et directrice générale de Saft, Suède